Le vendredi 4 avril 2025, Spunt Carin a eu le plaisir d’accueillir une psychologue pour enfants exerçant à Montréal depuis plus de 30 ans, qui a partagé de précieuses informations sur le déroulement d’une expertise psychosociale privée et sur son travail dans ce domaine.
Dans les cas où des enfants sont impliqués dans des procédures judiciaires, comme un divorce ou une demande de garde, un tribunal peut ordonner une expertise psychosociale afin de s’assurer que le bien-être de l’enfant et son intérêt supérieur sont au cœur des décisions. Les parties ou le juge peuvent faire appel à une experte pour qu’elle donne son avis et ses recommandations concernant les besoins de l’enfant, sous forme de rapport.
Elle a expliqué les étapes clés du processus d’expertise psychosociale :
- Entente : Les deux parents doivent consentir au processus ainsi qu’aux frais associés à l’expertise psychosociale ;
- Collecte de documents : Les parents fournissent les documents essentiels, tels que jugements, affidavits et pièces justificatives ;
- Communication avec les parents : Elle a souligné l’importance d’une communication claire avec les deux parents afin d’expliquer le déroulement du processus et de planifier les rendez-vous nécessaires.
Au cours d’environ 3 à 4 séances, elle effectue une entrevue psychologique initiale, passe en revue l’historique des parents, évalue leur capacité parentale et réalise des tests de personnalité. Elle prend également le temps de rencontrer les enfants – de préférence à leur domicile s’ils sont jeunes – ainsi que les nouveaux conjoints des parents, le cas échéant. De plus, elle peut rencontrer d’autres adultes importants ou demi-frères et demi-sœurs qui jouent un rôle dans la vie des enfants afin d’avoir une compréhension complète de la dynamique familiale.
La psychologue entre également en contact avec les professionnels de la santé mentale qui suivent les parents ou les enfants, l’école que fréquentent les enfants, ainsi que toute autre personne pertinente dans la vie de la famille.
Elle a précisé qu’un des écueils possibles dans le processus d’expertise psychosociale concerne l’âge des enfants. Au Québec, l’âge du consentement aux soins médicaux est de 14 ans, ce qui signifie qu’un enfant de 14 ans ou plus a le droit de refuser de participer à l’évaluation psychosociale. Pour les enfants de moins de 14 ans, le consentement des parents est requis.
À l’issue de son évaluation, elle rédige un rapport détaillé contenant ses recommandations. En tant que psychologue agréée, elle est habilitée à poser des diagnostics, si cela s’avère nécessaire. Il est important de noter que, bien que l’opinion de l’experte soit prise en considération, le juge a le pouvoir discrétionnaire de déterminer le poids à accorder au rapport. Toutefois, si un juge choisit de ne pas suivre les recommandations de l’experte, il doit justifier sa décision. Les motifs possibles pour ne pas suivre les recommandations peuvent inclure des doutes sur l’expérience professionnelle de l’experte, un biais perçu dans le rapport en faveur de l’une des parties, des lacunes dans la collecte d’informations, ou encore un changement de circonstances rendant le rapport obsolète.
En conclusion, le processus d’expertise psychosociale joue un rôle essentiel pour s’assurer que l’intérêt supérieur des enfants est pris en compte dans les procédures judiciaires, notamment dans les cas de garde ou de divorce. Les éclaircissements apportés par la psychologue mettent en lumière l’approche rigoureuse et détaillée requise pour évaluer à la fois les parents et les enfants, en tenant compte de leur bien-être émotionnel, psychologique et social. En fin de compte, l’objectif de l’expertise psychosociale est d’aider le tribunal à prendre des décisions éclairées qui privilégient le bien-être de l’enfant.