October 3, 2025 | Custody and Parenting

La garde des enfants au Québec : ce que les parents doivent savoir avant une séparation

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Nous comprenons. Vivre une séparation est l’une des expériences les plus éprouvantes sur le plan émotionnel. Au milieu du stress émotionnel, des complexités juridiques, et des décisions à prendre concernant les finances et les biens, il est facile pour les parents de négliger l’impact que cela peut avoir sur leurs enfants. 

Malheureusement, il arrive souvent que des enfants se retrouvent au milieu des conflits. Certains parents peuvent restreindre l’accès à l’enfant de l’autre parent ou chercher à réduire leurs responsabilités financières dans le but de blesser l’autre parent. La vérité, c’est que ce sont les enfants qui en souffrent le plus.   

Dans ce blogue, nous expliquerons comment la garde d’enfants et la pension alimentaire sont encadrées au Québec, et pourquoi il est essentiel que les parents coopèrent avec le système. Cette coopération permet de protéger le bien-être des enfants et d’assurer un avenir plus stable pour toutes les personnes concernées. 

L’intérêt supérieur de l’enfant

Un principe fondamental à garder à l’esprit tout au long de votre séparation est l’intérêt supérieur de votre enfant.   

En droit de la famille, ce principe guide toutes les décisions impliquant les enfants. Qu’il s’agisse de pension alimentaire, de garde/temps parental, d’éducation, de déménagement ou d’autorité parentale, l’intérêt de l’enfant est toujours la priorité du tribunal lorsque les parents ne parviennent pas à s’entendre.   

Par exemple, supposons que vous receviez une offre d’emploi dans une autre ville et que vous souhaitiez déménager avec votre enfant, mais que votre ex-conjoint(e) s’y oppose. Dans ce cas, le tribunal ne se concentrera pas uniquement sur l’impact positif que ce déménagement pourrait avoir sur votre carrière. Il évaluera plutôt si ce changement est réellement dans l’intérêt de l’enfant. 

Un revenu plus élevé peut certes profiter à l’enfant, mais ce n’est qu’un facteur parmi d’autres. Le tribunal examinera également l’environnement actuel de l’enfant, sa scolarité, ses amitiés, sa vie sociale, sa relation avec chacun des parents, ainsi que ses liens avec la famille élargie.   

Chaque situation est unique, mais la question directrice reste la même : Qu’est-ce qui est le mieux pour l’enfant ?  

Comment la garde/le temps parental est-il décidé au Québec ?

Au Québec, il n’y a aucune présomption automatique de garde/temps parental partagée lors d’une séparation ou d’un divorce. L’arrangement est déterminé en fonction de l’intérêt de l’enfant.  

Dans la mesure du possible, les parents sont encouragés à conclure une entente qui reflète la dynamique propre à leur famille. Toutefois, il est important de comprendre qu’une mauvaise relation entre les parents ne devrait pas nuire à la relation individuelle de chacun avec son enfant. 

Voici quelques facteurs courants qui influencent les décisions concernant la garde/le temps parental :  

1. L’âge et les besoins de l’enfant

Si l’enfant est très jeune, notamment s’il est encore allaité et fortement dépendant de la mère, le tribunal peut initialement accorder plus de garde/temps parental à celle-ci. Toutefois, à mesure que l’enfant grandit, l’accès à l’autre parent doit augmenter. Il est généralement dans l’intérêt de l’enfant d’entretenir une relation significative avec les deux parents. 

2. Les capacités parentales
Le tribunal évalue la capacité de chaque parent à offrir un environnement sécuritaire, stable et propice à l’épanouissement de l’enfant. Si un parent présente des comportements problématiques (violence, consommation de substances, négligence, ou un environnement domestique inadéquat), la garde/le temps parental peut être limité ou supervisé jusqu’à amélioration démontrée.
3. Les souhaits de l’enfant
À mesure que les enfants grandissent et font preuve de maturité, leur opinion sera prise en considération. Un enfant capable d’exprimer des préférences réfléchies concernant la garde/le temps parental influencera la décision du tribunal. Toutefois, le tribunal évaluera si ces préférences correspondent à l’intérêt de l’enfant. Par exemple, un souhait de vivre avec un parent simplement parce qu’il est moins strict ou permet un temps d’écran illimité ne constitue pas une raison valable.
4. L’aliénation parentale

Si un parent se retrouve à aliéner l’enfant de l’autre parent, en dénigrant ou en nuisant à la relation entre eux, le tribunal peut intervenir. Dans ce cas, la garde/le temps parental peut être modifié en faveur du parent aliéné, afin de rétablir l’équilibre dans la relation parent-enfant. 

Chaque situation familiale est unique, et les décisions concernant la garde/le temps parental doivent être prises au cas par cas. C’est pourquoi il est toujours recommandé de consulter un avocat spécialisé pour obtenir des conseils juridiques personnalisés lors d’une séparation ou d’un divorce impliquant des enfants.  

Comment la pension alimentaire est-elle calculée ?

Au Québec, la pension alimentaire pour enfants est considérée comme une question d’ordre public. Cela signifie qu’un montant minimum légal doit être versé, basé sur l’arrangement de garde/de temps parental et les situations financières des deux parents. Bien que les parents puissent convenir d’un montant supérieur, ils ne peuvent pas renoncer à cette obligation, même en cas de conflit personnel.
Certains parents ressentent du mécontentement à l’idée de verser une pension alimentaire, croyant qu’il s’agit d’un transfert d’argent à leur ex-conjoint(e). Cependant, il est crucial de se rappeler que la pension alimentaire ne vise pas à avantager l’autre parent, mais plutôt à subvenir aux besoins de l’enfant et à assurer son bien-être.
Elle permet de garantir que chaque parent contribue équitablement à l’éducation de leur enfant, indépendamment de la nature de leur relation.

Le calcul se fait à l’aide du Formulaire de fixation des pensions alimentaires pour enfants  du gouvernement. Chaque année, le gouvernement met à jour une table de contribution parentale de base, établie en fonction des revenus des deux parents et du nombre d’enfants communs. Le montant final de la pension est ensuite calculé proportionnellement à la capacité financière de chaque parent et au temps parental qu’il exerce. 

La pension alimentaire vise à s’assurer que les enfants continuent à recevoir les soins et le soutien financier nécessaires après une séparation ou un divorce. Il s’agit d’une obligation légale et morale, centrée sur les besoins de l’enfant, pour permettre aux deux parents de partager leur responsabilité parentale, même s’ils ne vivent plus ensemble.